Le gouvernement du Monténégro prévoit d’emprunter des centaines de millions d’euros en 2026
Le gouvernement entend mobiliser d’importants fonds de crédit pour réaliser plus de 30 projets d’investissement — de la modernisation de la santé et des transports au renforcement de la défense et de l’infrastructure numérique. Le plan correspondant est déjà en cours de...
Le gouvernement entend mobiliser d’importants emprunts pour la réalisation de plus de 30 projets d’investissement — de la modernisation de la santé et des transports au renforcement des capacités de défense et de l’infrastructure numérique. Le plan correspondant a déjà été transmis au Parlement et couvre à la fois des projets précis avec des créanciers déterminés et des initiatives dont le financement sera convenu au cours de l’année prochaine.
Selon les estimations des autorités, le déficit de financement du budget en 2026 s’élèvera à environ 710 millions d’euros. Pour le couvrir, ainsi que pour refinancer la dette existante et constituer une réserve financière, l’État prévoit des emprunts à des montants record.
Le gouvernement distingue les projets avec créanciers et sans
Le document prévoit de répartir tous les projets en deux catégories :
les projets pour lesquels les créanciers sont déjà définis ;
les projets dont le financement sera négocié en 2026 sur une base concurrentielle.
La première liste comprend des initiatives soutenues par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), la Banque européenne d’investissement (BEI), la Banque mondiale et la Banque de développement du Conseil de l’Europe (CEB).
Parmi elles :
la construction d’une nouvelle prison à Mojkovac — 30 millions d’euros ;
l’agrandissement du centre de gestion des déchets à Bijelo Polje — 20 millions d’euros ;
la modernisation de la ligne ferroviaire Bar – Golubovci — 113 millions d’euros ;
le tronçon de la rocade de Podgorica dans le cadre de l’autoroute Bar – Boljare — 100 millions d’euros.
En outre, le plan comprend des projets dans les domaines de l’environnement, du développement durable, de la santé, de l’éducation, de l’internet haut débit et de la numérisation du système fiscal.
Les projets les plus coûteux : la santé et l’infrastructure numérique
Les volumes d’investissement les plus importants sont prévus pour les projets dont les créanciers n’ont pas encore été définis. Le principal d’entre eux est la construction du nouveau Centre clinique à Podgorica, dont le coût est estimé à 313 millions d’euros. Le projet vise à améliorer considérablement la qualité des soins médicaux et à créer une base moderne pour le traitement des patients de tout le pays.
Ce même bloc prévoit le financement d’un centre national de données et d’un système de reprise après sinistre, ce qui devrait renforcer la résilience des systèmes d’information publics et assurer la protection de l’infrastructure numérique critique.
Défense et sécurité
Une attention particulière dans le plan d’emprunt est accordée au renforcement du secteur de la défense. L’État prévoit d’allouer :
75 millions d’euros pour l’achat d’équipements militaires ;
encore 75 millions d’euros — pour la modernisation des systèmes de défense antiaérienne ;
100 millions d’euros — pour l’acquisition d’hélicoptères et d’un avion spécialisé pour la lutte contre les incendies.
Ces investissements s’expliquent par la nécessité d’améliorer la préparation aux situations d’urgence et de moderniser l’armée conformément aux obligations internationales.
Infrastructures et développement des régions
Les fonds empruntés seront également consacrés à de vastes projets d’infrastructure dans tout le pays. Parmi les priorités :
le développement du quartier de Velje Brdo à Podgorica ;
la modernisation de l’approvisionnement en eau en tenant compte des changements climatiques ;
la reconstruction et la construction de routes ;
l’amélioration des infrastructures communales dans plusieurs municipalités.
Des projets distincts seront réalisés dans les régions du nord et du littoral, ce qui, selon le gouvernement, devrait contribuer à un développement régional plus équilibré.
Couverture du déficit et refinancement de la dette
Outre les projets d’investissement, l’État prévoit des emprunts pour stabiliser le budget. Il est prévu :
jusqu’à 500 millions d’euros — pour couvrir le déficit budgétaire de 2026 ;
jusqu’à 1 milliard d’euros — pour refinancer les obligations de dette existantes et renforcer les réserves financières.
Il est également prévu d’accorder des garanties d’État à hauteur de 171,95 millions d’euros pour la réalisation de projets dans le secteur de l’énergie, du transport ferroviaire et des systèmes de transport d’électricité.
Discipline financière et contrôle
Le gouvernement souligne que le programme d’emprunt est conforme aux normes constitutionnelles et législatives. Le document détaille les plafonds d’endettement, les mécanismes de gestion de la dette publique et le contrôle de l’utilisation des fonds.
Selon les représentants des autorités, le recours aux fonds empruntés n’est pas considéré comme une mesure temporaire, mais comme un instrument stratégique de stimulation de la croissance économique, d’amélioration de la qualité des services publics et de modernisation des secteurs clés.
Il est attendu que le Parlement examine la proposition dans les prochains mois. En cas d’approbation, la mise en œuvre des projets mentionnés commencera dès 2026, ce qui pourrait influencer de manière significative le visage du Monténégro au cours de la prochaine décennie — de la santé et des transports à la défense et à la sécurité numérique.
Les économistes soulignent également que de tels emprunts d’ampleur nécessiteront un contrôle strict de l’efficacité des dépenses et de la transparence de la mise en œuvre des projets. Dans le cas contraire, la hausse de l’endettement pourrait exercer une pression sur le budget dans les années à venir. Les autorités, de leur côté, soulignent que les investissements ont un caractère stratégique et visent la croissance à long terme et la résilience de l’économie du pays ainsi que l’amélioration de la qualité de vie.