Le gouvernement du Monténégro a apporté les dernières modifications au « Loi sur les étrangers » pour l’obtention ou le renouvellement du titre de séjour. Les propositions d’automne, qui avaient semé la panique parmi les expatriés, ont été assouplies. Voyons comment obtenir et renouveler un titre de séjour (boravak) en 2026, combien doit désormais coûter un bien immobilier et quels impôts les propriétaires de sociétés devront payer.
Fin 2025, le gouvernement de Milojko Spajić a révisé le projet de loi strict proposé à l’automne. Nous en avions parlé plus en détail dans cet article. La principale nouvelle : la bureaucratie a été remplacée par un critère financier. Le Monténégro renonce à une immigration de masse bon marché au profit de résidents aisés et de nomades numériques.
Voici un bref aperçu des changements (Summary):
Immobilier: Les nouveaux titres de séjour ne sont accordés que lors de l’achat d’un logement d’une valeur à partir de 200 000 euros. Protection des propriétaires actuels: Si vous avez déjà un titre de séjour fondé sur l’immobilier, la nouvelle règle de prix ne vous concerne pas. Entreprise: Les directeurs de société n’ont pas besoin d’embaucher des Monténégrins. À la place, l’entreprise doit payer des impôts — au minimum 5 000 euros par an. IT et Médecine: L’exigence d’un salaire moyen triplé a été supprimée. Les conditions sont devenues plus souples.
1. Titre de séjour par l’immobilier : valeur d’au moins 200 000 euros
Le changement le plus discuté concerne l’article 56 de la loi. L’époque où l’on pouvait acheter un petit studio bon marché ou une maison de montagne pour se légaliser touche à sa fin.
Nouvelles conditions d’achat
Désormais, le fondement pour obtenir un titre de séjour temporaire (VNZh) est la possession d’un bien immobilier d’une valeur estimée à au moins 200 000 euros.
Nuance importante pour les acheteurs: Le montant indiqué dans le contrat de vente n’est pas la principale preuve. La valeur sera confirmée par une décision officielle du service fiscal (calcul de la taxe sur le transfert de propriété). Cela a été fait afin d’exclure les surévaluations fictives dans les transactions.
Qu’adviendra-t-il de ceux qui ont déjà un titre de séjour ?
Le gouvernement a protégé les droits des résidents actuels. La loi inclut la clause suivante :
- Si vous avez obtenu un titre de séjour avant l’entrée en vigueur de la loi, alors, lors du renouvellement, les anciennes règles s’appliquent à vous. Vous n’avez pas besoin d’acheter un bien immobilier supplémentaire jusqu’à 200 000 euros.
- Si vous faites une première demande après l’adoption de la loi, alors l’exigence de 200 000 euros s’applique à vous.
Cette exception ne s’applique pas aux citoyens de l’UE, de la Norvège, de la Suisse, de l’Islande et du Liechtenstein — pour eux, il n’y a pas de seuil de prix.
2. Immigration d’affaires : nouvelles exigences
La version d’automne du projet de loi prévoyait des critères stricts pour le renouvellement du titre de séjour des propriétaires d’entreprise : il était proposé aux directeurs exécutifs d’employer au moins trois salariés, dont un devait être citoyen monténégrin.
Cependant, dans le paquet final d’amendements, le législateur a révisé cette approche. L’exigence d’embauche a été remplacée par un critère financier, ce qui déplace l’accent de l’augmentation formelle des effectifs vers la contribution réelle de l’entreprise au système fiscal du pays.
Nouveau schéma pour les directeurs (DOO)
Pour prolonger le titre de séjour sur la base du travail en tant que directeur de sa propre société, il faut remplir une condition financière :
- L’entreprise doit payer des impôts et cotisations pour un montant de au moins 5 000 euros par an.
Cela représente environ 417 euros par mois. En pratique, c’est le prix légal du statut de résident sans nécessité d’avoir une activité réelle intense, d’embaucher du personnel et de produire une comptabilité RH complexe. Pour les freelances travaillant via une entreprise individuelle ou une SARL, cela simplifie la vie, même si cela la rend plus chère.
Ces exigences ne s’appliquent pas aux citoyens de l’UE, de la Norvège, de la Suisse, de l’Islande et du Liechtenstein — pour eux, il n’existe pas de telles conditions financières.
3. Spécialistes IT et médecins : les conditions ont été assouplies
Le Monténégro connaît une pénurie de personnel qualifié, c’est pourquoi les barrières pour les informaticiens et les médecins ont été abaissées.
Auparavant, il était proposé d’accorder un titre de séjour dans le secteur IT (équivalent de la Blue Card) uniquement avec un salaire au moins égal à trois salaires moyens du pays (environ 2 500 à 3 000 euros nets). Cela décourageait les start-ups.
Ce que dit le document final :
- Le critère salarial a été supprimé. Un contrat de travail standard d’au moins 12 mois suffit.
- Salaire: Doit être conforme aux normes de la loi sur le travail (minimum 600 euros pour un niveau de qualification intermédiaire, 800 euros pour un niveau supérieur).
C’est un signal direct : le pays veut accueillir chez lui des spécialistes du numérique et des médecins et ne créera pas d’obstacles artificiels pour eux.
Quand les changements entreront-ils en vigueur ?
À ce stade, le document constitue un paquet d’amendements du gouvernement au projet de loi. Pour entrer en vigueur, il doit être adopté par le vote de la Skupština (Parlement) et publié dans le « Journal officiel du Monténégro » (Službeni list).
Recommandation des experts : Si vous aviez prévu d’acheter un bien immobilier bon marché pour obtenir un titre de séjour, il vaut mieux accélérer la transaction et le dépôt des documents avant l’entrée officielle de la loi en vigueur. Les demandes actuelles seront examinées selon les anciennes règles.
Suivez les mises à jour. Nous publierons le texte final de la loi dès sa signature.
